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Conférence Européenne pour la Musique d’Eglise Protestante

Avril 2006
Communiqué de presse

Le congrès bisannuel de la Conférence Européenne pour la Musique d’Eglise Protestante (CEMEP) aura lieu cette année en Moravie orientale (République tchèque), du 14 au 18 septembre, sur invitation de l’Eglise des Frères tchèques et de son service musique. Il se tiendra au centre de rencontre «Sola gratia», près de Bystrice pod Hostynem, non loin de la frontière slovaque.

Au programme : l’Eglise des Frères tchèques et sa musique, de la Réforme à nos jours, concerts d’orgue et de musique chorale de Bohême, visite du conservatoire de Kromeriz et de lieux historiques de la région…

Renseignements auprès du secrétariat de la CEMEP :
Mme. Ute Otte, Itzenbütteler Heuweg 92, D-21266 Jesteburg

 

La musique protestante en Europe
« Musicien-polyvalent-sachant-tout-faire »

Le 11ème congrès des « Entretiens de Strasbourg » de la Conférence Européenne pour la Musique d’Eglise Protestante (CEMEP) vient de rassembler du 22 au 25 septembre 2005 une cinquantaine de musiciens d’Eglise venus de 14 pays d’Europe. On recherche le musicien idéal … Existe-t-il ? »

Ces Entretiens sur le thème « Le ministère du musicien d’Eglise au 21ème siècle » ont été introduits par Bernhard Reich, président de l’Association des musiciens d’Eglise d’Allemagne, qui, citant un certain nombre de « petites annonces » parues au cours de ces 30 dernières années dans les journaux des Eglises en Allemagne, a dressé les profils divers des musiciens que l’on recherche par ces offres d’emploi. La palette est très large : elle va de la personne accompagnant le culte ou capable de participer par ses dons musicaux à l’édification de la communauté, à l’organiste-chef de chœur diplômé de conservatoire, capable de donner des concerts de niveau professionnel, en passant par le bon pédagogue qui sait captiver les enfants par la musique et le chant, ou le musicien qui fait participer l’église locale à la vie culturelle de la cité…

Les Eglises demandent de plus en plus des musiciens polyvalents-sachant-tout-faire, capables de travailler en équipe et maîtrisant tous les styles de musique, du classique au gospel. D’une part, on est de plus en plus exigeant sur le plan de la formation et des dipômes, mais, d’autre part, on constate que les conditions matérielles de l’exercice de ce ministère sont de plus en plus réduites. Il faut d’ailleurs se demander si le musicien idéal recherché dans ces offres d’emploi existe vraiment.

Les informations sur la place de la musique d’Eglise dans d’autres pays et les profils de musiciens que l’on souhaite (par ex. au Danemark, aux Pays-Bas ou en Lettonie) ont montré que les situations sont très diverses d’un pays (et d’une Eglise) à l’autre : alors que les grandes Eglises - qui ont des moyens financiers – sont en mesure d’employer beaucoup de musiciens professionnels, les activités musicales des petites Eglises sont assurées par des musiciens non professionnels, souvent bénévoles, et les moyens matériels sont très modestes, ainsi que les niveaux de formation des musiciens, organistes ou chefs de chœur. La reconnaissance de l‘importance du ministère du musicien va de pair avec les possibilités que les Eglises peuvent offrir et avec l’importance que chaque Eglise donne à la musique. Malgré toutes des différences, souvent importantes, on est cependant d’accord sur quelques affirmations essentielles : la musique est un élément important dans la vie de chaque Eglise et pour son rayonnement et sa mission ; elle a besoin de créateurs et d’acteurs pour toucher nos contemporains (fidèles de nos églises ou personnes en recherche de sens).

On constate dans tous les pays que la musique d’Eglise doit être capable de s’adapter aux changements et aux évolutions, surtout dans la situation actuelle où la pratique musicale est en baisse dans nos sociétés. Partout, on réduit l’enseignement du chant et de la musique dans les écoles et, parallèlement, la formation musicale des enseignants. Si les enfants ne chantent plus, nos sociétés s’appauvrissent (voir ci-joint le texte de la résolution adopté par l’Assemblée générale de la CEMEP).
Les « Entretiens de Strasbourg 2005 » n’ont pas seulement constaté la baisse de la pratique du chant et de la musique dans la génération actuelle, mais ont aussi donné aux participants l’occasion de réfléchir aux remèdes que la musique d’Eglise peut proposer. Elle n’est pas seulement appelée à conserver le trésor musical que les siècles passés nous ont transmis, mais elle a doit aussi essayer de répondre courageusement aux défis du temps présent.
Parce qu’elle chante l’avenir de Dieu, la musique a toujours un avenir.

Les « Entretiens de Strasbourg » de la CEMEP (qui regroupe 43 associations de musique d’Eglise de 19 pays européens) ont lieu tous les deux ans. Entre ces rencontres à Strasbourg, les délégués sont invités tous les deux ans pour un congrès dans un autre pays. Le congrès 2006 se tiendra en République tchèque. Reinoud G. Egberts, des Pays Bas, est actuellement le président de la CEMEP.

Antoine Pfeiffer, octobre 2005

 


Résolution adoptée par l’assemblée générale du 24 septembre

Dans le cadre de son congrès « Les Entretiens de Strasbourg », la CEMEP a abordé entre autre la question du chant avec les enfants.
La Conférence, réunie en assemblée genérale le 24 septembre 2005, a constaté avec satisfaction que, dans certains pays, les responsables politiques et culturels reconnaissent aujourd’hui l’importance de la pratique du chant et de la musique sur le plan du développement de l’individu et de ses relations sociales.
Mais, en même temps, la CEMEP est préoccupée par le recul de la place du chant et de la musique dans beaucoup de pays européens. On constate cette évolution dans la diminution des horaires de l’enseignement du chant à l’école et dans le manque, voire l’absence de formation musicale des enseignants.
Le chant et la musique sont des éléments essentiels de la vie de l’être humain. Ils développent la personnalité de l’individu et ses relations sociales et ont une place importante dans l’Europe d’aujourd’hui et de demain.
En tant que Fédération européenne des musiciens d’Eglise, et regroupant des associations nationales de musique, la CEMEP tient à souligner l’importance de la pratique vocale et du développement des dons musicaux de chaque individu. C’est pourquoi, elle fait appel aux responsables des différents pays, afin qu’ils encouragent, à tous les niveaux, la formation vocale et musicale et la pratique du chant et de la musique avec les enfants, les adolescents et les adultes.