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Le protestantisme et l'Europe

Nous remercions la Société d’Histoire du Protestantisme Français de nous avoir très aimablement accordé le droit de diffusion de cette contribution du Prof. Rudolf von Thadden, parue dans le Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français, tome 151, janvier-mars 2005, p.27-36.
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RÉSUMÉ

La querelle sur le port du voile islamique a relancé l'intérêt pour le fait religieux» en Europe, l'usage inflationniste du terme « religion» dans des domaines où il n à rien à faire entretenant la confusion. Aussi l'auteur considère-t-il que le protestantisme, fort de son histoire, contribuerait utilement à la discussion en proposant des concepts plus pertinents, et en adoptant, dans le débat sur la laïcité, une position originale qui n'abandonne pas le terrain aux catholiques et aux athées. Enfin il plaide pour un protestantisme accordé au monde moderne, qui fasse pénétrer dans la pensée chrétienne une conception positive de la sécularisation.»

Le protestantisme et l'Europe

Rudolf von THADDEN

Université de Göttingen

Le débat sur le port du voile a relancé dans l'opinion publique l'intérêt pour le «fait religieux» 1, dont on ne parlait plus guère. On voit se multiplier des publications sur les religions 2 en Europe, qui n'auraient guère suscité d'écho il y a dix ans. Même en Allemagne, pays connu pour l'ardeur avec laquelle on y débat de théologie, il est surprenant de constater combien on estime nécessaire d'approfondir la réflexion sur les phénomènes religieux en Europe 3.

L'ampleur de ces discussions s'est encore accrue avec les débats houleux suscités par le préambule du projet de Constitution européenne élaboré par la Convention sur l'avenir de l'Europe en 2002-2003. Prolongeant les controverses entre Français et Allemands sur la mention de l'héritage religieux de l'Europe dans la Charte des droits fondamentaux, elles réveillent les fantômes du XIXe siècle qui s'acharnaient à opposer le christianisme et les Lumières. Après deux guerres mondiales, nous en sommes toujours là : les Français n'admettent qu'un patrimoine spirituel et moral de l'Europe, alors que les Allemands demandent une référence au «patrimoine spiritualo-religieux et moral» (geistigreligiöses und sittliches Erbe). Figer la France dans le rôle de pionnière de la laïcité et l'Allemagne dans celui de championne du confessionalisme, voilà qui est bien artificiel dans le nouveau débat sur la religion en Europe 4.

Face à ces controverses, on pourrait se demander où est la voix du protestantisme. A en croire le préambule du projet de Consti­tution européenne, notre héritage européen se compose de trois éléments bien distincts : culturel, religieux, humaniste. On les place à la suite, sans autre précision, comme s'il n'existait aucun lien entre eux. Or, qu'est-ce que le religieux sans expression culturelle, et qu'est-ce qu'un humanisme en dehors d'une culture? Les questions se pressent en masse lorsqu'on essaie de préciser ces différentes notions. Le religieux, par exemple, englobe aussi bien une vision antirationaliste du monde qu'une foi réconciliée avec la raison. Il peut se traduire par des conceptions fondamentalistes conduisant à l'obscurantisme ou à l'oppression, ou exprimer des convictions aboutissant â des oeuvres humanitaires et intelligentes. Au demeurant, le simple terme de «religieux» introduit une confusion entre foi et croyances 5.

La première contribution protestante au débat culturel sur l'Europe et les religions pourrait être justement de réduire l'usage inflationniste du vocable «religieux». Dans la tradition théologique de Luther et de Calvin, il conviendrait plutôt de parler de « foi» et d'expression de la foi, tout en privilégiant des mots composés sur le modèle allemand: «Glaubensformen» (formes de la foi), «Glaubenswirklichkeiten» (réalités de la foi) ou « Glaubenswelten » (univers de la foi). Cette précision linguistique permettrait de mieux saisir l'essentiel des traditions chrétiennes qui, au demeurant, ne possèdent pas le mot « religion » dans leur credo 6.

Recourir à la notion d'«expressions de la foi» en Europe permettrait de distinguer clairement l'héritage chrétien des autres traditions, et d'y faire référence sans risque de confusion. Cela permettrait aussi d'intégrer une nouvelle problématique, induite par la sécularisation des mœurs, celle que Dietrich Bonhoeffer a nommée « religionsloses Christentum » (christia­nisme sans religion), qui n'exclut nullement les expressions de la foi chrétienne 7.

La deuxième contribution protestante au débat culturel sur l'Europe et les religions consisterait â renouveler intellectuellement la discussion sur la laïcité. Cette notion étant tout aussi floue que celle de religion, il importe d'en préciser le contenu historique avant d'envisager sa portée politique. L'histoire n'est-elle pas la pédagogue de nos pensées ?

La mémoire courte de nos acteurs politiques nous oblige à rappeler que le terme «laïc», dans les langues latines, s'est chargé d'une signification anticléricale dans le contexte bien défini du catholicisme médiéval. Il renvoie, par opposition, à l'existence d'un clergé qui revendiquait une fonction d'intermédiaire entre Dieu et les fidèles : Nulla salus extra ecclesiam. Or la Réforme protestante a bouleversé cette configuration et, en conséquence, modifié le sens profond de cette terminologie. Luther et Calvin ayant établi le principe du sacerdoce universel des fidèles, non seulement la fonction mais l'essence même du laïc ont pris une autre signification. Dorénavant, le laïc ne se distingue plus qualitativement du clerc par son rapport à la chose divine, mais par sa moindre compétence à interpréter l'Ecriture. Il fait donc figure de non-professionnel plutôt que de rival du clergé 8.

Les conséquences de cette nouvelle acception du laïc seront révolutionnaires. D'une part, l'importance du clergé se réduira substantiellement, puisqu'il perdra son caractère sacré. D'autre part, le laïc ne sera plus condamné à une opposition permanente au clergé, à l'obligation d'être anticlérical. Enfin, la relation entre la communauté chrétienne et le monde séculier deviendra moins antagonique, ouvrant ainsi la voie à une conception de la société civile qui ne se définisse pas foncièrement par son degré d'opposition à l'Etat et à ses agents.

Pourquoi rappeler ces faits bien connus d'histoire religieuse? C'est qu'ils fournissent au débat actuel sur la laïcité des éléments propres à lui donner une autre dimension, évitant la polémique et dissipant les malentendus qui imprègnent le dialogue franco-allemand. Ces derniers proviennent en partie du fait que la langue allemande a été puissamment façonnée par la culture protestante, ce qui n'est pas le cas du français. Aussi le mot «Laie» n'a-t-il aucune connotation anticléricale, tandis que son correspondant français, «laïc», est un premier pas sur le chemin qui mène, de nos jours, au laïciste. Un délégué allemand à la Convention de Bruxelles aura donc eu du mal à comprendre pourquoi son collègue français, en défendant la laïcité, s'est opposé à toute référence religieuse dans le traité constitutionnel. Et le Français aura été surpris que les Allemands, qui comptent chez eux de grands mouvements formés par des «Laien», par exemple le Kïrchentag protestant, soient si défavorables au laïcisme. La confusion aura paru ainsi totale avant d'engager les négociations 9.

De ces discussions, seuls deux groupes semblent tirer profit : les catholiques et les athées. Les premiers défendent l'ordre spirituel et l'héritage religieux dans l'histoire de l'Europe. Les seconds se font les porte-parole de l'ordre temporel et de la cause du monde séculier. Mais où sont donc les protestants ?

Il n'est pas besoin de réinventer la roue pour situer la place du protestantisme dans le cadre d'une telle confrontation. Il suffit de relire le texte de Luther consacré à la doctrine des deux règnes pour savoir que la Réforme a toujours été à égale distance d'un cléricalisme qui ne respecte pas la dignité propre du monde séculier, et d'un sécularisme qui oublie les limites de la raison humaine 10. La Réforme a commencé par un double renouveau : la sécularisation des ordres religieux et la rechristianisation des moeurs dans le monde séculier. Il s'ensuit que, dans le débat actuel, les protestants devraient s'engager sur deux fronts : lutter contre toute tentative fondamentaliste de propager un christianisme sans Lumières (Christentum ohne Aufklärung); s'opposer à un rationalisme étroit qui étouffe les forces de la foi. Dans les deux cas, le danger est à la porte.

Concrètement, cela signifierait que les protestants se décident à aborder le problème de l'enseignement religieux dans les écoles publiques. Un Etat bi-confessionnel comme l'Allemagne a tort de vouloir confessionnaliser cette partie importante de la vie scolaire. Et un Etat laïque comme la France commet une erreur en éliminant du programme scolaire tout enseignement des réalités de la foi. La première attitude provoquera la désintégration des classes par une trop grande attention prêtée aux différences religieuses, la seconde prive la culture générale de la connaissance nécessaire pour comprendre bien des difficultés psychologiques et culturelles des élèves.

Une contribution protestante au débat sur la formation scolaire en Europe pourrait donc aller dans le sens d'un compromis entre une confessionnalisation à l'allemande et une laïcisation à la française qui juge en péril le principe de l'égalité des citoyens si les réalités de la foi font l'objet de l'enseignement scolaire. Ce n'est pourtant pas ouvrir la porte à l'esprit dogmatique que d'expliquer à un élève ce qu'est un prophète ou un apôtre, et pourquoi le christianisme possède des structures ecclésiastiques.

Il est inutile de souligner l'importance que revêt un tel type d'enseignement par rapport à l'expansion de l'Islam en Europe. Comment comprendre le comportement de concitoyens musulmans si l'on ne sait rien des doctrines contenues dans le Coran ? Et comment débattre d'ouvrages comme celui de Huntington sur « le choc des civilisations» si l'on ignore que toutes les cultures comportent des éléments religieux 11 ? Les dialogues interculturels et interreligieux vont de pair.

Ces débats n'ont de chance d'aboutir à des résultats satisfaisants que s'ils sont conduits au niveau européen, comme le prouve l'ampleur des difficultés qu'ils rencontrent dans le cadre national. Ce qui vaut pour les questions économiques et politiques vaut davantage encore pour les univers de la foi et les prétendus faits religieux. L'intégration des immigrés ne pourra réussir que sur la base d'un effort européen pour mieux comprendre les différentes sensibilités religieuses.

C'est précisément ici que le protestantisme aura un rôle à jouer. Contrairement à ce qu'on a l'habitude de penser, il n'est pas seulement dépositaire d'une histoire, il ouvre aussi une perspective européenne. Comme à l'époque de la Réforme où il a pu, selon Max Weber, exercer une influence importante sur l'esprit du capitalisme 12, il a vocation aujourd'hui à faire valoir son héritage intellectuel et moral, surtout dans la formation des hommes. Et comme à l'époque de l'Aufklärung, il est appelé à combler le fossé creusé entre le monde séculier et les univers de la foi. Faut-il rappeler que Kant était protestant?

Tout engagement européen doit donc partir d'une prise de conscience de son héritage historique. Il n'a d'avenir qu'en cultivant sa « compatibilité avec la modernité » telle que l'a dessinée Ernst Troeltsch à plusieurs reprises dans son œuvre 13. Plus que le catholicisme, le protestantisme est intrinsèquement lié à la réalité du monde moderne, qu'il ne peut refouler qu'au prix d'une perte de son identité propre.

Dans cette perspective d'une contribution originale du protestantisme â l'intégration européenne, voici quelques propositions en forme de thèses.

I

1) Le protestantisme est plus ancien que l'Etat-nation, mais il a participé de façon déterminante à son développement. Par le premier trait, il ne se confond pas avec l'histoire de l'Etat-nation et peut donc prendre ses distances face aux crises et aux pertes de substance que celui-ci a connues. Par le second, il contribue, avec l'Etat-nation, à façonner le monde moderne et peut vérifier ses rapports avec la réalité, parce qu'il en est partie prenante.

2) Le protestantisme est lié à l'avènement du monde moderne, sans s'identifier avec lui. Par le schisme provoqué par la Réforme, il a contribué à abolir les visions unitaires de l'Europe médiévale, sans avoir été pour autant, à l'origine, le champion de modèles d'organisation pluraliste. Il a ouvert la voie à une société moderne pluraliste, mais indirectement, en brisant le statut de monopole d'une Eglise unitaire.

3) Le protestantisme a contribué de façon majeure à l'émergence du monde moderne, en mettant davantage l'accent sur le caractère séculier du monde. Pour la Réforme, le monde n'était pas seulement le lieu où le chrétien attend son salut, mais une création possédant une valeur en soi et méritant d'être préservée. Et c'est pourquoi le protestantisme n'est pas enclin à considérer le mouvement de sécularisation d'un oeil purement négatif, comme une suite d'étapes sur la voie du rejet des Eglises et de la déchristianisation, mais y reconnaît un processus de libération d'énergies propres à développer la responsabilité personnelle et la formation intellectuelle de la personne.

A la lumière de ces considérations, il nous faudra apprécier la contribution du protestantisme à la construction européenne à l'aune de sa dimension historique. Il s'ensuit plusieurs conséquences, dans la phase actuelle de l'intégration européenne, dont voici quelques-unes.

II

1) Pour les protestants, l'Europe n'est pas la simple addition des Etats-nations qui la composent. On peut considérer simple­ment, comme en France, que l'Etat-nation a besoin d'être complété, ou, comme en Allemagne, qu'il est dépassé. Dans un cas comme dans l'autre, l'Europe possède une identité culturelle originale, qu'il faut prendre en compte aussi bien par rapport à l'immensité d'un monde globalisé qu'à la modeste échelle des espaces régionaux. Le protestantisme peut ici tirer parti des liens qu'il a tissés au cours de l'histoire avec les cultures nationales, en concevant l'Europe comme un espace de vie (Lebenswelt) et non comme une simple association de nations conjuguant leurs forces, ou comme une puissance économique.

2) Pour les protestants, l'Europe existe avant tout par la diversité de ses cultures. En tant que continent où se côtoient des manières de vivre et des traditions différentes, elle est réfractaire aux aspirations unitaires excessives et n'admet pas que l'intégration prenne la forme d'une mise au pas. C'est vrai aussi du regard porté sur les cultures étrangères, auxquelles il faut offrir des possibilités de vivre leur appartenance à la communauté européenne sans faire violence à leurs particularités. Une Europe qui exclurait les hommes façonnés par une autre culture passerait à côté de sa vocation.

3) Pour les protestants, l'Europe est davantage que l'Occident chrétien. Ce n'est pas seulement depuis la cohabitation séculaire avec des hommes et des femmes d'origine juive et depuis l'expérience de l'immigration musulmane, c'est aussi depuis le développement d'une société sécularisée qu'il est manifeste que l'Europe ne peut pas se construire uniquement sur des valeurs chrétiennes. L'Europe n'est pas un camp retranché du christianisme; elle est, marquée par l'histoire, un lieu du témoignage chrétien dans un monde parcouru tout autant par les forces de la foi que par celles du doute. C'est pourquoi les protestants devraient travailler à ce que tous les domaines de la vie ne soient pas confessionnalisés et que, particulièrement à l'école, il y ait place pour ceux qui pensent autrement. Le cours de religion comme enseignement des cultures et non pas de doctrines religieuses a sa place dans les écoles d'Europe.

Ces thèses relatives à une conception protestante de l'Europe induisent trois conclusions sur ce que devrait être une politique des Eglises protestantes en Europe.

1) Quiconque souscrit à l'unification de l'Europe doit aussi s'ouvrir à une pensée cecuménique. On ne peut pas exiger le dépassement des frontières nationales et en même temps s'accrocher coûte que coûte au maintien des frontières confessionnelles. Les confessions étant, tout comme les nations, des communautés ancrées dans l'histoire, elles sont elles aussi soumises à son évolution et doivent, par conséquent, pouvoir être relativisées. L'Europe n'exige pas seulement des Etats-nations, mais aussi des Eglises confessionnelles qu'ils acceptent de se réformer.

2) Quiconque souhaite que les citoyens s'impliquent davantage dans l'Union européenne doit aussi exiger que les laïcs (Laien) s'investissent davantage dans les Eglises d'Europe. Il n'est pas acceptable que nous demandions davantage de droits pour le Parlement européen alors que nous n'avons toujours pas de synode européen des Eglises protestantes. Compte tenu de l'extension des champs de compétences dévolues aux autorités européennes, il est urgent de préciser les contributions des chrétiens â la construction sociale et culturelle de l'Europe dans des instances délibératives synodales qui ne trouvent pas seulement leur légitimité dans des Eglises territoriales (Landes­kirchen) de caractère provincial.

4) Quiconque souhaite que les Eglises soient davantage présentes dans l'univers européen ne peut pas refuser que l'univers européen pénètre plus largement dans nos Eglises. Davantage: il ne peut pas non plus exclure le monde séculier, et il devrait intégrer les questions qui s'y posent dans le dialogue des confessions et des religions. L'Europe démocratique étant redevable pour une bonne part â l'esprit des Lumières qui a permis aux droits de l'homme et du citoyen de s'imposer, il est clair que l'entente oecuménique ne peut pas s'édifier dans une opposition frontale au processus de sécularisation, dans la mesure où celui-ci tend â humaniser le monde et la société. Un christianisme séparé des Lumières est, à notre époque, dépourvu de sens.

Ainsi, le protestantisme est pleinement en mesure de contribuer à la construction de l'Europe. Encore faut-il qu'il en prenne conscience, et qu'il agisse.

1. Régis DEBRAY, L'enseignement du fait religieux dans l'école laïque, Paris, 2002.

2. Jean-Paul WILLAIME, Europe et religions. Les enjeux du XXI e siècle, Paris, 2004.

3. Rudolf von THADDEN, « Wieviel Religion braucht Europa?», in Chrismon, 06/2004, p. 44 et sq.

4. Cf. Jean-Paul WiLLAIME, op. cit., pp. 110 et 125.

5. Article «Religion», in Die Religion in Geschichte und Gegenzvart (RGG), vol. 5, Tübingen, 1961, p. 962 et sq.

6. Article «Glaube», in ibidem, vol. 2, Tühingen, 1958, p. 1586 et sq.

7. Dietrich BONEfOEFPBR, lettre du 30 avril 1944, in Widerstand und Ergebung, éd. Eberhard Bethge, 7 e éd., München, 1956, p. 178 et sq. Edit. fr., Résistance et soumis­sion, Genève, 1973.

8. Article «Klerus und Laien», in RGG vol. 3, Tübingen, 1959, p. 1662 et sq.

9. Cf. Pierre de Charentenay, « La Charte européenne et la laïcité », in Etudes n°395 (3), sept. 2001, p. 153 et sq.

10. Martin LUTHER, « Von weltlicher Obrigkeit, wie weit man ihr Gehorsam schuldig sei, Wittenberg, 1523, in Weimarer Ausgabe, vol. 11, p. 245 et sq.

11. Samuel P. HUNTINGTON, The Clash of Civilizations, New York, 1996, trad. fr. Le choc des civilisations, Paris, 2000.

12. Max Weber, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, éd. Et trad. Jean-Pierre Grossein avec la collab. de Fernand Cambon, Paris, 2003.

13. Ernst TROELTSCH, « Die Bedeutung des Protestantismus für die Entstehung der moderne Welt », in Historische Zeitschrift, vol. 97, 1906, p. 1 et sq. Cf. aussi Rudolf VON THADDEN, «Protestantismus und Demokratie», in Troeltsch-Studien, vol. 3, Protestantisnzus und Neuzeit, éd. Horst Renz & Friedrich Wilhelm Graf, Gütersloh, 1984, p. 103 et sq.